Eugène BOUDIN

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Sur la plage de Trouville

Sur la plage de Trouville

Huile sur bois

Entre 1863 et 1888

s.b.d. : E. Boudin

H. 0,365 ; l. 0,485 m

Inv. A.00.6.170

 


Boudin (Honfleur, 1824 ; Deauville, 1898) s’est fait une spécialité des côtes normandes. Il a même inventé un genre de marines qui lui appartient en propre et qui consiste à peindre avec la plage tout ce beau monde exotique que la haute vie rassemble l’été dans nos villes d’eaux ».

 

Né à Honfleur dans une famille de marins, Eugène Boudin restera attiré par les bords de mer et les plages de Normandie  jusqu’à la fin de sa vie. Bien que grand voyageur, il fait de fréquents séjours dans sa région natale, dont il peint inlassablement  les paysages.

 

Vers 1860, Eugène Boudin, pour faire face à des difficultés matérielles et conquérir une nouvelle clientèle, se lance dans une peinture de mœurs. Il représente sur la plage de Trouville la foule des citadins. En effet, depuis que le village de pêcheurs est desservi par le chemin de fer, les élégants s’y adonnent à la mode des bains de mers.

 

En chroniqueur mondain, Eugène Boudin représente l’animation colorée du rivage. Il s’attache à portraiturer «ses petites poupées », baigneuses en crinoline portant ombrelle et conversant sur la plage, accompagnées de dandys en villégiature sur la côte normande.

 

Boudin travaille sur le motif, ce qui donne une vivacité à sa touche. Il compose très souvent de la même manière ses peintures de plages : le ciel occupe un large registre tandis que la partie inférieure du tableau est réservée aux personnages, assis ou debout, majoritairement de dos car tournés vers la mer. Le rivage n’est finalement que peu évoqué. Boudin ponctue les accords de beige, gris et noir par des touches de rouge.

 

Eugène Boudin s’efforce de fixer l’insaisissable, spécialement les remous de la foule et les subtilités de l’atmosphère, préfigurant l’essor de l’impressionnisme.